Dédicace #12 - L'éternité n'est pas de trop - François Cheng

Je suis une croqueuse de livres: je les croque en barbotant, immergée sous les bulles; lorsque l'orage tonne, au chaud sous mes plumes; lorsque le temps me manque, pour quelques minutes dans ma voiture; ou encore, les yeux perdus dans l'âtre, recroquevillée dans mon canapé. Avec voracité et intensité. Ils me font vivre, me questionnent, me font vibrer, tressauter, palpiter. Ils me rendent plus vivante. Et c'est pour ça que je les aime.

 

C'est sous les tons chatoyants de l'automne que j'ai découvert ce livre. Comme un baiser foudroyant, je m'en suis éprise dés les premières lignes. Ce baiser que je n'avais pu donner. Il est des regards qu'on croise qui, dangereusement, peuvent nous faire chavirer. "L'éternité n'est pas de trop" a élevé ma compréhension de l'amour terrestre à sa dimension spirituelle.

 

Dès les premières lignes, mon coeur a palpité, émerveillé. J'aime quand je pleure de beauté. La plume de François Cheng m'a transportée dans la Chine du XVIIième siècle. C'est le récit d'une passion: un amour impossible, né d'un échange de regards, cultivé par un dialogue intérieur et emprisonné dans l'impossibilité d'une communion charnelle. Petit bijou littéraire qu'on aimerait garder pour soi. On est face à un chef d'oeuvre, ciselé avec soin par un esthète, amoureux de la langue française, originaire de Chine et membre de l'Académie française.

 

Je vous souhaite de goûter à l'Amour vrai, tel que raconté par François Cheng; l'amour que ni l'espace ni le temps ne limitent, qui lie les êtres par l'âme, ce lien qui, selon lui, serait bien plus intime que celui du corps.