Dédicace #26 - Jane Eyre - Charlotte Brontë

Jane Eyre est orpheline, élevée par une tante acariâtre dans la joyeuse Angleterre victorienne. La mégère l’envoie dans un sympathique pensionnat où Jane finit par devenir institutrice. Mais lassée, elle passe une annonce et devient la préceptrice d’Adèle, nièce du propriétaire de l’inquiétant domaine de Thornfield Hall. Elle y fait la connaissance du charismatique mais tourmenté Mr Rochester, maître des lieux, qui, intrigué, tombe rapidement sous le charme de la jeune fille. Car malgré un physique loin des canons de beauté de l’époque et des origines modestes, elle brille par son esprit. Cependant, on sent vite qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond à Thornfield. Un lourd secret hante les couloirs…

 

Jane Eyre a donné un souffle romanesque à ma petite vie de pré-ado mal dans sa peau, en proie à pas mal de questions existentielles. Par sa détermination, sa farouche volonté de ne pas se plier aveuglément aux règles, elle m’a fait comprendre, qu’on pouvait rester soi-même quoiqu’il arrive sans pour autant partir en croisade contre le monde entier. 

 

Dès la première ligne son histoire a fait écho à la mienne. Je me sens proche d’elle et de ce qu’elle ressent. Sous l’apparente couche de glace brûle le feu... Et aujourd’hui encore elle m’accompagne quand je suis en proie au doute. Elle brille par son intelligence, sa répartie et surtout un féminisme pionnier, loin des clichés actuels. Elle remet la femme à l’égale de l’homme sans jamais l’émasculer ou le rabaisser. 

 

Charlotte Brontë a mis beaucoup d’elle dans cette héroïne habitée, moderne, proche d’une nature sauvagement belle. Sans la préciosité et la godicherie d’une certaine littérature féminine, son écriture abrupte, efficace voire gothique est révolutionnaire pour son époque… 

 

Au fil des pages on entend le vent hurler dans les landes, la bruyère frémir, l’orage se déchainer tandis que Jane se débat avec ses sentiments et les turpitudes de sa vie.  

 

Et comme elle le dit si bien : « Je puis vivre seule si le respect de moi-même et les circonstances m’y obligent : je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur ».