Dédicace #3 - Septentrion - Louis Calaferte

Il ne se lit pas mais s'ingurgite à pleines dents. Se boit cul sec. S'avale d'une traite. Pas d'indifférence possible. Du dégout peut-être puisqu'un un livre qui balaye tout ce qui a pu être lu avant et rend insipide tout ce qui est lu après doit être forcément amoral.

 

Il l’est. 

 

Censuré pendant de longues années, ce chef-d’œuvre de Calaferte est aujourd’hui accepté au rayon des écrivains underground d’une époque révolue. Et pourtant tout résonne encore, pour les adulescents d’aujourd’hui comme pour les autres, pour longtemps. 

 

Passé les premiers mots accrocheurs, on s’habitue vite (ou pas) à ce rythme haletant, aux phrases courtes et tranchantes et à cette tendre misogynie dont sont souvent habillés les plus grands romantiques.

 

En voici un extrait spécial « Dédicaces » :

 

« Les livres me donnaient confiance. Sentiment assez indéfinissable. Ils représentaient une force sûre, un secours permanent. Toujours réceptif, un livre ! À la première lecture on a laissé une marque à telle ou telle page, le coin plié, c’est le passage qui répondait à une préoccupation, à un doute. Le dialogue est ininterrompu. D’autant plus vaste qu’on y ajoute tout ce qu’on veut. L’auteur n’a fait que poser les jalons indispensables. À vous de faire la tournée d’inspection.»