Dédicace #31 - Malevil - Robert Merle

Je suis devenue une lectrice infidèle… j’ai tellement lu, à une époque de ma vie, et avec tant de plaisir, que je me demande comment j’ai pu en arriver là. Pour vous donner une idée : je lisais « en série » des bouquins du même auteur, de la même époque, sur la même thématique… Une vraie « nerd » des mots. Je dévorais méthodiquement et aléatoirement. Avec une ligne directrice tout de même : une certaine qualité littéraire m’était indispensable pour savourer ma lecture (exit donc, avec un brin snobisme pardon-pardon, les best-sellers pour le bord de la piscine).

 

Et puis ma vie secrète de lectrice avertie a pris un sacré coup dans l’aile avec l’arrivée du streaming et mon démarrage dans la vie active. Honte à moi! j’ai alors remplacé mes deux ou trois bouquins hebdomadaires par une surconsommation d’images vives.

 

Avec le temps, j’y reviens cependant. Je m’autorise maintenant de traîner un livre pendant quelques semaines sans culpabilité. Je choisis des lectures divertissantes, pas trop complexes. Bref, la cure fonctionne et je replonge. Avec plus de mesure, mais pas moins d’avidité !

J'ai lu « Malevil », parce que mon mari et moi n’avons pas les mêmes goûts littéraires : Quand je suis roman, il est essai. Si je suis poésie, il est ouvrage scientifique. Je suis biographie, il est philosophie… difficile de se refiler des lectures. À mon grand dam car j’adore partager ce qui m’a plu, et acheter des livres un peu compulsivement à l’approche des vacances. Je traînais donc chez Filigranes en début d’été il y a un an ou deux, quand je suis tombée sur Malevil que je n’avais encore jamais lu.

 

J’aime beaucoup Robert Merle, et en lisant le résumé, je me suis dit que le côté projectif du livre plairait surement à mon cher et tendre. En fait, il l’a survolé, tandis que moi, je l’ai vraiment lu avec jubilation !

Ce livre m’a plongée tout entière dans son univers post-apocalyptique campagnard et franchouillard des années septante. Je n’ai pas pu m’empêcher de lire à tout bout de champ des passages aux malheureux qui m’entouraient, tant je trouvais savoureuse la capacité de Robert Merle a croquer ses personnages et à appréhender ce que nous ferions si plus rien n’existait.