Dédidace #35 - L’Histoire sans fin - Michael Ende

 

Je suis mon propre chemin.

 

J’ai 9 ans. Impossible d'accomplir nos obligations scolaires ensemble : ma soeur resta en-bas en pleine lumière et je me trainai à contre-coeur à l'étage face à ce bureau qui gisait devant les lugubres escaliers qui menaient au grenier, au côté d'une frêle bibliothèque et d'une maigre lampe pour contrer la somme de toutes mes peurs tapies dans l'obscurité. 

L'absence de grincement, l'ennui et mes troubles de la concentration me firent de temps à temps, oublier la peur de cette obscurité épaisse. 

Je m'aventurai sur les étagères de la bibliothèque famélique qui contenait les dossiers de ma mère, de vieilles diapositives de l'époque où mon père était encore présent, quelques livres qui prenaient la poussière puis... le livre, un livre que personne ne se rappelle avoir acheté, dont la couverture porte le symbole de l'Auryn que j'ai depuis tatoué dans mes chairs.

 

Ses pages m'accompagnent encore aujourd'hui dans les plus intimes recoins de ce que je suis devenu. Je continue de songer que c'est le livre qui m'a trouvé. Mais ceci est une autre histoire qui sera contée une autre fois...

 

Ce livre m’a tendu ses pages et j'en ai fait un guide, un tonique plaidoyer pour conserver ce que les conventions et les normes voulaient me faire abandonner: moi-même, mon monde parmi les autres, en "Ce" monde. 

 

Tout ce que j'ai laissé se déverser des pages en moi continue de faire battre mon coeur et de faire bouillir mon esprit, heureux et libre. La forme même du roman et son contenu ont imprimé mes démarches, mes univers intérieurs et mon amour pour les histoires, l'exploration et la poésie. 

 

Je souhaite à ceux qui ne l’ont pas lu de voyager en-dedans, en-dehors et d'en jamais revenir indemne.