Dédicace #51 -  Né d'aucune femme - Franck Bouysse

Je suis bibliophile compulsive. J’ai d’abord été attirée par la photo de couverture du livre, une superbe photographie sepia découpée de façon intrigante. Je l’ai feuilleté, j’ai lu la quatrième de couverture et j’ai caressé le papier, épais, doux, de couleur crème. Je l’ai re-déposé sur l’étal de la librairie. J’avais fait le vœu de n’acheter aucun nouveau livre cet été et de lire ceux de la grande pile des « non lus » au pied de mon lit. Et puis, j’ai observé mon compagnon lire ce roman sur sa tablette d’une traite – peut-être était-ce dû à sa disponibilité estivale ? - et je me suis ravisée.

Ce livre m'a happée. Passé les trois premiers chapitres, j’ai plongé dans l'histoire, presque en apnée, et je ne l’ai plus lâché. Pourtant, au travers de l’histoire de Rose, une jeune fille vendue par son père par nécessité, l’auteur nous plonge dans le mal absolu, celui dont est capable l’Homme depuis toujours et partout sur la terre.

 

Ce récit envoûtant n’est ni daté ni inscrit sur une carte. Un prêtre, un château isolé entouré d’une forêt, une famille qui vit dans une pauvreté absolue soumise à des puissants… Mais ce conte, noir, n’est pas une allégorie, nous sommes de tout corps avec Rose, tantôt jusqu’à la nausée, tantôt jusqu’au sublime.

Je souhaite à ceux qui ne l'ont pas encore lu d'être touchés par la grâce de l'écriture ciselée, sensuelle et inspirée de Franck Bouysse. Il nous offre une ode à la puissance et à la grâce des femmes et des mères, à l’amour, aux mots et à l’écriture salvatrice.


Je ne suis pas sortie indemne de cette lecture. Son enchantement continue bien après l’avoir refermé et, chose ô combien précieuse, j’ai découvert un nouvel auteur.